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VOUS AVEZ DIT  YIELD MANAGEMENT ?
Le Yield Management est une technique de variation des prix en fonction du comportement du consommateur (Photo M. Beaufils)
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Photo: M. Beaufils

Le yield management est une pratique commerciale qui consiste à faire varier les prix en fonction du comportement de la demande des consommateurs pour optimiser les profits. Elle est majoritairement utilisée par les professionnels du transport et du tourisme et a fait l’objet d’une étude par le Conseil National de la Consommation.

1. Le yield management n’a pas de traduction officielle : c’est un système de gestion tarifaire pour augmenter la rentabilité du vendeur

Le Conseil National de la Consommation évoquant « une gestion fine des prix » l’a identifié comme étant un « système de gestion tarifaire des capacités disponibles avec pour objectif l’optimisation de leurs remplissage et chiffres d’affaires ». En d’autres termes, cette technique de commercialisation consiste à faire varier le prix d’un produit ou d’une prestation selon les tendances observées des demandes des consommateurs.

2. Le yield management c’est l’anticipation du comportement des consommateurs

Cette gestion tarifaire repose sur l’anticipation du comportement des consommateurs afin d’optimiser les bénéfices d’une ressource fixe et limitée dans le temps. Elle est spécifique aux entreprises de services, et plus précisément aux activités telles que le transport, le tourisme, l’hébergement ou encore le spectacle. Les principaux paramètres pris en compte pour la fixation des prix sont : – la désirabilité du moment de la prestation (notion permettant de faire payer plus cher sur les périodes les plus demandées) ; – le moment de la réservation (moins il reste de stocks disponibles, plus celle-ci sera chère) ; – l’environnement concurrentiel (volonté d’être moins cher par exemple) ; – contexte géopolitique (notamment pour les professionnels du tourisme). Ces paramètres permettent de comprendre la variation de prix que l’on peut constater pour une même prestation. Par exemple, un billet de train entre Rennes et Paris n’aura pas le même prix si le trajet se fait le vendredi à 19h ou le mercredi à 15h.

3. Le yield management obéit à trois logiques marchandes : assurer le maximum de ventes, équilibrer le prix en fonction de la demande et faire évoluer constamment les prix

Tout d’abord, cette technique permet de faire varier les prix de prestations perdant de la valeur en fonction de leur date d’utilisation (ex : chambre d’hôtel en bord de mer) afin d’assurer un maximum de vente au meilleur prix (le prix de la chambre sera plus élevé en été qu’en hiver). Puis, pour des prestations supportant des coûts fixes importants, quelque soit le taux de remplissage, cette technique permet de trouver un équilibre entre le prix de vente et le nombre de produits vendus (les prix sont plus élevés pour les trains roulant aux heures d’affluence que les trains roulant aux heures creuses à moitié remplis afin d’inciter les consommateurs à choisir ces derniers). Enfin, et ce grâce à l’essor des nouvelles technologies, cette pratique permet une évolution constante du prix de la prestation en fonction de la demande attendue avec une adaptation en temps réel au comportement des consommateurs (le prix d’un trajet en VTC[i] va augmenter s’il y a beaucoup de personnes qui demandent au même endroit au même moment).

4. Absence de règlementation spécifique

D’un point de vue règlementaire, la fixation du prix entre les professionnels et les consommateurs ainsi que les obligations d’information à l’égard de ces derniers sont régis par le Code de la Consommation.  Les pratiques commerciales déloyales sont ainsi sanctionnées.

De ce fait, la pratique du yield management ne doit pas être déloyale, trompeuse ou agressive. Cependant, il n’existe pas de règlementation spécifique à la mise en œuvre de ces pratiques.

Des comportements de variations de prix, définis comme n’appartenant pas aux pratiques de yield management mais y ressemblant fortement peuvent, ainsi, être qualifiés de trompeurs. L’augmentation artificielle de prix suite à plusieurs consultations sur le site de réservation par une même personne ou l’incitation à réserver rapidement (en annonçant qu’il ne reste que deux places disponibles par exemple) ont été ciblées par les institutions mais les professionnels nient les mettre en œuvre.

La frontière est donc fine entre ces différentes pratiques et l’absence de définition officielle renforce la fragilité des consommateurs face à ce nouveau mode de management.

L’association CLCV Rennes appelle donc à faire preuve de vigilance et à apporter une attention particulière à ces techniques marchandes. Adaptez, lorsque c’est possible, votre comportement pour bénéficier du meilleur prix.


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Seize associations de consommateurs membres du bureau européen des unions de consommateurs, dont la CLCV, ont saisi le 21 mai 2025 la Commission européenne et le réseau des autorités de protection des consommateurs (DGCCRF pour la France) afin de dénoncer des pratiques commerciales litigieuses de sept compagnies aériennes (Easyjet, Wizzair, Transavia, Ryanair, Vueling, Volotea, Norwegian). Ces pratiques consistent à facturer indûment les consommateurs pour leurs bagages à main.
Quel consommateur n’a pas vécu le stress de savoir si son bagage à mains allait passer, sans encombre, le test du gabarit des bagages à main dans les emplacements dédiés aux portes d’embarquement de l’aéroport ?

Des politiques tarifaires extrêmement variables
Les sept compagnies visées par les associations de consommateurs, en plus de facturer les voyageurs pour les bagages à mains, pratiquent des politiques tarifaires extrêmement variables en fonction de la taille dudit bagage et facturent lourdement le consommateur quand le bagage ne respecte pas la dimension requise (jusqu’à 280 € chez Vueling).
En effet, après analyse des sites internet de ces différentes compagnies, les associations ont observé qu’elles facturent des frais pour des bagages à main de taille raisonnable et que ces prix fluctuent d’une compagnie à l’autre (43 € chez EasyJet pour un bagage de « grande taille », 23 € chez Volotea pour un bagage à main de « grande taille » et 36 € chez Ryanair pour le même type de bagage). Leurs conditions tarifaires précisent, en sus, que ces prix appliqués varient selon la distance du vol.
Le journal italien, La Corriere della Serra, a estimé, dans une enquête récente, que les 120 bagages à mains transportés dans un vol coûtent 156 euros de plus en kérosène à la compagnie. Or, la vente de ces options, pour un tarif moyen de 25 € par voyageur, rapporterait 3 000 € à l’entreprise, soit un bénéfice net de 2 844 €.

En juin dernier, les 27 ministres des transports de l’Union Européenne ont acté que les compagnies aériennes ne seront plus autorisées à facturer aux passagers des frais supplémentaires pour le transport :
• d’un sac personnel de dimensions maximales de 40*30*15 centimètres
• et d’un bagage à main de poids maximal de 7 kg et de dimensions maximales de 100 cm (addition largeur+longueur+hauteur en cm).
Cette décision devra ensuite être entérinée par le parlement européen et les 27 pays membres pour devenir opposables aux compagnies aériennes. Réunies dans l’association « Airlines for Europe » les compagnies ont répliqué en juillet dernier par une proposition très insuffisante : gratuité pour le sac personnel de gabarit standardisé mais totale liberté tarifaire pour le gabarit et la facturation du bagage à main !

Ce dialogue de sourd témoigne de la nécessité d’aller rapidement vers des contraintes réglementaires normalisées au sein de l’UE pour obliger les compagnies aériennes à avoir des pratiques commerciales conformes aux décisions déjà prises

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