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Le coliving : les dérives de ce nouveau modèle de colocation
Le coliving, présenté par les professionnels et investisseurs du secteur comme la nouvelle ère de la colocation et la solution…

Le coliving, présenté par les professionnels et investisseurs du secteur comme la nouvelle ère de la colocation et la solution à la crise du logement que nous traversons, révèle en réalité de nombreux abus. Plusieurs métropoles s’inquiètent de voir se multiplier ces colocations de haut standing. Ian Brossat, sénateur PCF de Paris et ancien adjoint au logement de la mairie de Paris veut les règlementer. Il projette de déposer prochainement une proposition de loi pour encadrer cette pratique. La CLCV Rennes vous en dit plus.

Contraction des mots anglais « collaborative » et « living » (habitat collaboratif), le coliving consiste à louer des chambres privées, espaces partagés et services pour faciliter la vie en communauté sous un même toit. Les habitats de ce type fleurissent, avec 14 500 lits exploités en France en 2023 (étude Xerfi), en hausse de 70% en deux ans et 234 millions d’euros investis en 2024. Le coliving peut prendre la forme de grandes maisons divisées en une dizaine de chambres et des espaces partagés, ou bien d’immeubles de petites colocations qui ont toutes accès à des services communs mais aussi de grands appartements loués sans réels services ajoutés. Bien souvent, la proposition est alléchante car toutes les charges sont comprises ; ces dernières comprennent, souvent, un service de ménage, un abonnement streaming et une salle de sport.

Derrière cette belle vitrine, la réalité est moins reluisante et inquiète les associations de locataires ainsi que les parlementaires. En effet, il n’existe aucun régime légal spécifique applicable à ce secteur d’activité. Il existe donc un flou juridique qui permet à certains logements partagés d’échapper aux encadrements de loyers ainsi qu’à certaines règles d’urbanisme. Par ailleurs, le montant de ces charges apparaît globalement élevé pour des services qui finiront pas être partagés en 10 voir 15, parfois, colocataires.

Avec un rendement net compris entre 4 et 7%, ces locations permettent une rentabilité supérieure de 20 à 40 % à un logement équivalent « traditionnel » (entreprise Colodge, spécialisée dans le coliving). En effet, en réhabilitant ou en construisant un immeuble, les investisseurs réduisent la taille des parties privatives au profit d’espaces partagés, leur permettant d’accroître le nombre de chambres, et donc, de maximiser les loyers captés pour une surface donnée. Du fait des services compris dans l’offre locative, le prix du loyer est bien plus élevé qu’une location classique de la même surface.

A titre d’exemple, une chambre de 13 m2, à deux pas de la Place de Clichy (Paris 9e), est proposée à 1 460 euros par mois par l’entreprise Colonies. Et avec un loyer moyen de 40,90 euros le m2 pour un meublé dans ce quartier, un 13 m2 ne peut excéder 640 euros (plafonné via l’encadrement des loyers). Ces logements d’apparence abordables deviennent, au final, inaccessibles pour les étudiants et les jeunes actifs aux revenus modestes.

Nous nous interrogeons, par ailleurs, à la CLCV Rennes, sur le respect de la règlementation quant aux régularisations annuelles desdites charges car de nombreux manquements nous ont été signalés quant à leurs communications malgré les diverses relances de nos adhérents, locataires dans ces structures.

Face aux flous juridiques soulevés par cette nouvelle forme de spéculation immobilière et au risque généré par ces nouveaux modèles sur l’accentuation de la pénurie de logements accessibles, des élus se sont emparés du problème et projettent de proposer très prochainement une règlementation de ce nouveau type d’habitat. Celle-ci passera par la construction d’une définition du coliving afin de le ranger dans la catégorie habitation afin d’une part de l’obliger au respect des règles d’encadrement des loyers pour les communes concernées mais également des règles relatives aux créations de parts de logements sociaux.

La CLCV Rennes se réjouit de voir les parlementaires s’inquiéter et se pencher sérieusement sur les dérives générées par le système de coliving. L’association vous tiendra informés des potentielles évolutions législatives à ce sujet.

Si vous rencontrez des problèmes dans l’exécution de ce type de bail, n’hésitez pas à venir nous rencontrer durant nos permanences physiques.

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