Les impacts des pesticides chimiques sur l’environnement, notamment la biodiversité, l’eau, l’air et les sols, ainsi que sur la santé humaine, sont aujourd’hui une préoccupation majeure tant pour la société civile que pour les consommateurs. Les menaces sont clairement identifiées et elles sont de plus en plus partagées par la communauté scientifique et médicale qui produit des alertes de plus en plus fréquentes.
Les pesticides portent atteinte à la santé humaine :
Les pesticides sont conçus pour tuer des organismes nuisibles mais certains ont des effets néfastes et collatéraux sur la santé humaine. En voici quelques exemples :
- Le pesticide chlordécone a été utilisé à grande échelle en Guadeloupe dans la culture de la banane avant d’être interdit. Son exposition, via la consommation alimentaire des mères, est associée chez les nourrissons à des effets négatifs sur leur développement cognitif et moteur.
- Les maladies neurologiques de Parkinson et d’Alzheimer peuvent être déclarées maladies professionnelles chez les agriculteurs soumis à une exposition longue aux pesticides.
- L’étude Agrican, mise en place en 2005, suit l’état de santé de 180 000 agriculteurs affiliés à la MSA. Elle confirme des liens entre des pesticides et certains cancers (prostate, sein, vessie …)
- En France, un groupe de 13 149 femmes ménopausées est surveillé en continu depuis 2014. On a découvert que les femmes consommatrices d’aliments issus de l’agriculture biologique présentaient un moindre risque de cancer du sein en post-ménopause tandis que les femmes en situation d’obésité et exposées à un cocktail de pesticides de synthèse étaient plus concernées par le même cancer.
Les pesticides portent atteinte à la biodiversité
La contamination de l’environnement par les pesticides est identifiée comme l’une des causes majeures du déclin de la biodiversité
L’abeille est l’emblème de la biodiversité puisqu’elle pollinise plus de 80 % des espèces de plantes. Or, il s’avère que les pesticides précipitent la mortalité des insectes pollinisateurs comme l’indique une étude menée au Royaume-Uni pendant dix-huit ans sur les insecticides de la famille des néonicotinoïdes.
Les populations des oiseaux des campagnes françaises se sont réduites d’un tiers en quinze ans. Les oiseaux sont directement menacés par la toxicité des pesticides. Ainsi, des niveaux très faibles de résidus de pesticides dans les aliments consommés par les oiseaux peuvent entraîner leur mort, selon une étude Suisse.
La qualité de l’eau est en danger
Selon un rapport de l’inspection des affaires sociales (IGAS) de novembre 2024, les concentrations en pesticides, et en leurs métabolites, dans les eaux destinées à la consommation humaine sont désormais observées à des taux supérieurs aux limites de qualité réglementaires dans un nombre
croissant de départements avec une agriculture intensive. Ce rapport signale l’urgence d’amplifier la détection des pesticides et de leurs métabolites dans les eaux destinées à la consommation humaine et surtout d’en réduire la concentration.

à cause de la présence de nitrates et de pesticides . Ci-dessus La Flume à Pacé ( photo CLCV-Rennes)
Le sol et l’air sont aussi concernés
Le sol est un récepteur de pesticides mais aussi une source de contamination sur le long terme. Les dispositifs de surveillance en continu des contaminations par les pesticides sont encore bien peu nombreux. Le laboratoire ECOBIO de l’Université de Rennes a découvert la présence de 26 molécules de pesticides et de leurs résidus dans les vers de terre de plusieurs sols de Bretagne. Des taux d’accumulation très élevés, environ 50 fois plus que la normale, ont été observés dans les vers de terre de quelques sols consacrés à l’agriculture conventionnelle.
Dans l’air, c’est AIR BREIZ qui as-sure la surveillance de la présence de molécules de pesticides dans l’air que nous respirons. Sur 72 molécules recherchées en 2023, 11 ont été identifiées à la station de Rennes et 15 à celle de Mordelles. Parmi eux on retrouve le lindane un insecticide interdit depuis plus de 25 ans qui est réputé pour sa rémanence très longue. La nature des molécules détectées témoigne d’une origine agricole.
Cette présence généralisée des pesticides chimiques dans l’environnement pose un enjeu existentiel pour l’espèce humaine. Ils compromettent également la durabilité des systèmes agricoles dits conventionnels à long terme. La transition vers une agriculture avec moins de pesticides chimiques, voire sans pesticides chimiques, est un nouvel enjeu pour notre société. Il doit s’appuyer sur des politiques publiques renforcées en faveur d’une agriculture plus durable




